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« Tisser, broder, sublimer » au Palais Galliera

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« Je suis un étudiant manuel » : c’est ainsi que dans l’une des vidéos présentées au sous-sol du Palais Galliera, dans le cadre de l’exposition consacrée aux savoir-faire de la mode, l’artisan François Hugo se présente, avec ses « bouterolles » pour le « repoussé-ciselé ». Ses marteaux, il les façonne lui-même. Un exemple, parmi tant d’autres, pour apprécier des gestes autant que des robes, au cœur de « Tisser, broder, sublimer », sous le commissariat général d’Emilie Hammen, nouvelle directrice du musée ; à travers plus de 350 pièces (vêtements, accessoires, documents graphiques, échantillons, outils), c’est ici qu’est celébré le travail extraordinaire des paruriers, de Rébé à Lesage, de Desrues, Lemarié et Maison Vermeulen, qui a contribué depuis 2014 à renouveler le travail de la plume.

On pourrait rester des heures à admirer ces splendeurs venues annuler les décennies, les tendances mêmes, tant la réunion de modèles de Gucci par Alessandro Michele, au milieu des robes à la Française dix-huitième, de celles de Paul Poiret ou de Christian Dior, célèbre une même passion, une même virtuosité.  Tissage, impression, teinture, broderie, dentelle, fleurs artificielles, la liste est copieuse, la révérence élégante. « C’est à cet amour du “bel ouvrage” que le Musée a voulu rendre hommage, non pas en traitant d’une manière exhaustive un sujet trop vaste pour la contenance de ses salles, mais en lançant quelques coups de projecteurs sur quelques petits chefs-d’œuvre créés en France depuis le XVIIIe siècle, et sur la manière dont ils ont été faits « affirmait Madeleine Delpierre, première directrice du Musée de la Mode et du Costume, dont l’exposition avait été présentée au Palais Galliera en 1981. 

 

« Aujourd’hui, le Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, souhaite, à travers l’exposition « Tisser, broder, sublimer », non seulement démontrer la richesse et la somptuosité de ses collections du XVIIIe siècle à nos jours, mais aussi inciter le public à regarder plus en détail les œuvres, à les scruter, et à s’interroger sur les artisans et les artistes qui ont contribué à leur réalisation, que ce soit par le travail de la main ou la maîtrise de la machine » précise Marie-Laure Gutton, responsable du département Accessoires du Musée. Ainsi en va-t-il de cet assemblage polychrome, véritable encyclopédie en 3D qui transcende les différences stylistiques. Quoi de commun entre un casaquin du dix-huitième siècle en taffetas de soie, et un manteau de velours ayant appartenu à Madame Doucet, une robe du soir de Balenciaga ? Sans nul doute ces tissus venus célébrer les fabriques de soie lyonnaise, à travers les ornements, les ombres et les lumières tissées. C’est encore le cas pour la teinture des fils, l’indiennage, le dévoré, le flocage, le chiné à la branche, l’imprimé sur chaîne. Et bien sûr, la broderie magnifiquement illustrée par des modèles signés Balenciaga, Christian Dior, Yves Saint Laurent, sans oublier cette pochette talisman Sac des Indes, de Van Cleef & Arpels, inventeur de la minaudière. Autant de techniques que cette exposition met en valeur, malgré l’exiguïté des lieux, et là où la beauté est une promesse d’émerveillement. En témoigne la présence de modèles de Comme des Garçons, parmi ceux de Dior, d’Yves Saint Laurent (dans un émouvant hommage à Brossin de Méré), et même de Walter Van Beirendonck, avec un ensemble veste de la collection « Révolution » (automne 2001-2002).L.B

 

Palais Galliera, jusqu’au 18 octobre 2026. https://www.palaisgalliera.paris.fr