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JUDE FERRARI/ MAISON J.SIMONE - BLUE TRIP

Interviews

Hawaï, le surf ou l’été sans fin. C’est aux couleurs de l’océan que Jude Ferrari dédié sa collection du printemps été 2027. Diplômée de la Central St Martins School, elle célèbre l’identité de sa marque qu’elle compare à un « cronut », hybridation d’un croissant parisien et d’un donut… Rendez-vous au show-room de Sphère au Palais de Tokyo, où elle présente sa collection, dans le cadre du Sphère showroom au Palais de Tokyo, un une initiative organisée avec le soutien du DEFI, L’Oréal Paris et Accor jusqu'au 6 octobre 2026.

Quelle est l’inspiration principale de cette collection ?

Pour imaginer cette collection, je me suis plongée dans la culture surf des années 70 : des documentaires de surfeurs, des photographies d’archives, des planches vintage, mais aussi les habitudes, les objets et les rituels de ceux qui ont façonné cette culture. Je me suis particulièrement intéressée au surf à Hawaï, en Californie, à Bali et sur la côte basque, tout en m’inspirant de ce que j’observe aujourd’hui au cours de mes voyages. J’aimais l’idée de confronter cette imagerie presque mythique du surf des années 70 à la manière dont cette culture continue d’exister aujourd’hui.

 

Quelles sont les couleurs que vous avez privilégiées ?

Le bleu, évidemment ! C’est l’une des couleurs de prédilection de J.Simone et elle revient presque à chaque saison. Cette fois, je l’ai décliné dans plusieurs nuances inspirées de l’océan, des bleus les plus clairs aux plus profonds. Il y a aussi beaucoup d’orange, une couleur très présente dans l’imaginaire des années 70, qui vient réchauffer et contraster toute cette palette aquatique.

 

Les matières ?

Le mesh, pour sa transparence, sa légèreté et son toucher. Le bambou, pour son côté naturel, sa douceur sur la peau et surtout son très beau tombé. Et puis la serviette éponge, que j’aime justement parce qu’elle est beaucoup moins précieuse ! Elle évoque immédiatement la plage, la sortie de l’eau, quelque chose de très quotidien. J’aime ce second degré : prendre une matière aussi familière et presque banale et l’amener dans un vestiaire plus mode. Elle apporte aussi un volume et un tombé très francs qui contrastent avec la fluidité des autres matières.

 

 Une destination fétiche pour l’été 2027 ?

Uluwatu, évidemment ! C’est d’ailleurs le nom de la collection.

 

Un souvenir d’enfance qui a déterminé votre carrière ?

À 14 ans, je buvais déjà énormément de Coca Light — aujourd’hui c’est du Coca Zero ! Je trouvais que je jetais beaucoup trop de canettes, alors j’ai commencé à garder toutes les capsules. J’ai fini par en avoir suffisamment pour fabriquer un short, un haut et un sac entièrement à partir de ces capsules. Ça fait beaucoup de Coca… Mais avec le recul, je crois que tout était déjà un peu là : récupérer quelque chose de banal, le détourner et essayer d’en faire un vêtement.

 

Un film ou un livre qui continue de vous fasciner ?

Big Fish de Tim Burton, inspiré du roman de Daniel Wallace. J’aime énormément cette histoire d’un père qui transforme sa vie en une succession de récits fantastiques, au point qu’on ne sait plus vraiment où s’arrête la réalité et où commence l’imaginaire. Son fils cherche à comprendre qui était réellement son père et finit par découvrir qu’une part de vérité se cache derrière toutes ces histoires démesurées. Cette frontière entre le réel et l’exagération me fascine beaucoup. Je crois que c’est aussi quelque chose que j’aime dans la mode : partir du quotidien et le pousser jusqu’à ce qu’il devienne presque extraordinaire.

 

Un souvenir personnel lié à ce métier ?

Pendant mes années de bac, j’étais en prépa Sciences Po avec l’idée de devenir animatrice télé. Un jour, mon père, qui avait lui-même suivi un parcours académique très exigeant entre HEC et Harvard, m’a simplement demandé : « Pourquoi tu ne ferais pas un métier qui te plaît vraiment, comme l’art ou la mode ? »

Cette phrase a complètement changé ma vie. C’était comme si quelqu’un venait de me donner l’autorisation de rêver à quelque chose que je ne m’étais jamais vraiment autorisée à envisager. À partir de là, j’ai tout fait pour intégrer Central Saint Martins à Londres. J’ai réussi à y entrer. Il était fier de moi, et moi aussi.

 

 Votre playlist pour la fin de l’année ?

Wipe Out — The Surfaris
Johnny B. Goode — Chuck Berry
Let’s Go Surfing — The Drums
L.S.D — Skegss
Malibu — Powels

Une playlist qui reste clairement encore un peu à Uluwatu !

 

Un lieu nouveau à Paris que vous avez envie de découvrir ?

Le nouveau Bus Palladium. J’ai très envie de découvrir ce qu’est devenue cette adresse mythique de Pigalle dans sa nouvelle version.

 

Un autre, ancien ?

J’ai récemment découvert ce qui est, pour moi, le meilleur pain au chocolat de Paris : celui de Demi-Sel, dans le 4e. Donc ce n’est pas vraiment un lieu que j’ai envie de redécouvrir… mais plutôt un lieu où j’ai déjà très envie de retourner !

 

Un rêve pour 2027 ? Des projets ?

Développer encore davantage les pop-ups J.Simone à Paris, pour créer plus de moments de rencontre autour de la marque, et surtout réussir à organiser notre premier pop-up à Los Angeles.

 

Votre devise ?

« Il y a toujours une solution. »

C’est probablement la phrase que je me répète le plus souvent. Dans une petite marque, il y a constamment des imprévus, donc j’ai appris à ne pas rester bloquée très longtemps sur un problème : il y a toujours une autre manière de faire.

 

Interview L.B