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DRIES VAN NOTEN hiver 2026 - Le vestiaire des sentiments

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Par Laurence Bénaïm

C’est une allure, une ligne, c’est une manière jamais appuyée de célébrer à travers les pulls chaussettes rayés, comme avec les pantalons de soie brochée, un univers Carnaby Street mâtiné d’Orient, une échappée belle. C’est ce minimalisme polychrome qui donne à un manteau paré d’un col arc en ciel, une lumière particulière, le côté malle familiale dans laquelle on vient chiner, recomposer un patchwork au sens propre comme au sens figuré. Tout est nouveau et tout à l’air là depuis toujours.

Pour sa seconde collection masculne chez Dries Van Noten, Julian Klausner ouvre à sa manière un champ de possibles, là où le souvenir est à la source de tout. « Je pensais à l'émotion que procure l'attachement à un vêtement particulier et aux façons spontanées de le porter » Ainsi en va-t-il de cette décontraction qui transcende les genres, s’approprie du « manteau de papa. » comme « des imprimés fleuris de maman », dans un puzzle hautement tactile. Travelling sentimental qui donne, avec ces capes de Grand Meaulnes, ces bonnets péruviens et ces pelisses à bas volets, comme à toute cette extraordinaire déclinaison de motifs jacquards, le sentiment que l’enfance se prolonge au-delà du temps, sans obsession jeuniste. De parkas en broché de soie, aux pulls-maisons dessinés à l’encre des cahiers d’écoliers, de pyjamas kimonos en cristaux brodés sur la flanelle, la sensibilité s’adonne à tous les voyages. Avec toujours cette extraordinaire palette, oranges profonds, roses, rouges grenadine, verts matcha, fondus enchaînés de bleus, une forêt en ville, sous la mer. Aucun cri, aucune armure. La planète Dries Van Noten est un d’abord un vestiaire de sensations habitées.