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HERMES Fall/Winter 2026-2027 : HERMES HIVER 1999 OVATION INSPIRATION

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Par Laurence Benaïm

Des lignes en ligne, au rythme d’une histoire ininterrompue et pleine de surprises, le style de l’Homme Hermès lancé par Véronique Nichanian, il y a trente-sept ans, semble poursuivre sa route, aussi souplement qu’un manteau de voyage…

Samedi soir avait lieu son dernier défilé pour Hermès, et pourtant rien ne semblait peser sur les épaules de ces mannequins, portant des classiques poids plume, et osant l’inimitable avec une décontraction pleine d’allure. Là, entre villes et ailleurs, au cœur d’un hiver que rien n’encombre, ni les parkas réversibles en peau lainée, ni les sublimes cols roulés à fleurs floutées en cachemire et soie, aussi précis qu’aériens. 59 silhouettes tracées à l’encre des convictions, d’une discipline qui n’exclue jamais la douceur, d’un confort qui ne signifie pas disparition, effondrement, mais rime avec échappées belles, palette en lévitation, entre brumes et villes, chaque matière étant révélée par la couleur, dans une sorte de coup de foudre faite évidence… Un blouson droit en feutre de laine à passepoils et parmenture, une parka en veau noir, un imperméable en serge de coton corde, une combinaison de veau moka. 

 

On a l’impression que tous les vêtements correspondent, comme des amis. Du premier passage aux derniers, un manteau droit en « crocodile miroir », un manteau croisé en double cachemire déperlant, la sophistication a rendez-vous avec l’innovation, qu’on en juge à tous ces détails, ces matières (de la toile spinnaker au satin technique) qui allègent la vie sans la réduire.  La version la plus juste, la plus intime d’un luxe au quotidien que la directrice artistique verbalise en quelques notions : « la couleur comme ponctuation, l’envers beau comme l’endroit, le geste au cœur du savoir-faire, le dessin comme matière ».  L’esprit d’un temps qui bat au rythme du cœur, des désirs, des secrets, faux unis, jeux de rôles, détournements, -rayures tennis brodés-, détails égoïstes, qu’il s’agisse de poches très larges, de doublures très soyeuses, imprimées Brides de Gala. Les invités réunis au Palais Brogniart se lèvent pour une ovation, alors que des écrans géants projettent les images de tant de Véronique, à toutes les saisons, la même, autre, de toujours. L.B