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AZZEDINE ALAIA ET L’AFRIQUE : LE RYTMHE PRIMORDIAL

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C’est à un nouveau rendez-vous extraordinaire que la Fondation Azzedine Alaïa convie le public. Avec Azzedine Alaïa et l’Afrique, il s’agit d’un véritable voyage visuel, intérieur, célébrant les racines du couturier né à Tunis, et comme l’explique Olivier Saillard « eut à cœur tout au long de sa carrière d'intégrer les inspirations d'un pays, d'un continent qu'il avait quitté tôt mais qui continuait à exercer sur lui une fascination profonde ».

L’émotion est là, à fleur de peau, qu’il s’agisse de ces fourreaux noir khôl, des motifs panthères, des sahariennes ou même des robes de popeline rayée du printemps été 92. Chaque modèle restitue une passion, une séduction, dans une scénographie signée Kris Ruhs, avec des panneaux peints sur des feuilles aux motifs de pochoirs dans un dégradé d’ocres, de sables, de terre. « Avec nostalgie, les moucharabiehs viennent se présenter à son souvenir comme lorsqu'il était enfant de Tunis. Habiles cloisons ouvragées qui sculptent la lumière et les regards, les moucharabiehs d'Afrique du Nord trouvent dans les créations d'Azzedine Alaïa une forme de renaissance » réaffirme Olivier Saillard. On découvre et redécouvre ces cinquante-cinq modèles, à travers un parcours jalonné d’évocations sensibles, célébrant de résilles moucharabieh en sables du désert, l’évocation d’un continent, irréductible à une vision identitaire, et sublimé par les sensations. Au premier étage, les photos de Peter Beard viennent documenter une échappée belle du couturier au pays des Masaï en 1996. Aucun copié collé : loin des réductions folklorisantes, les références à l’Afrique prennent corps dans le sens du mouvement, la mémoire instinctive des gestes, d’un rythme primordial et sacré venu de la nuit des temps.  « C'est au travers de l'Égypte et de l'art secret des momies qu'il ré-évalue au plus près l'exercice de la coupe, qu'il maîtrise comme nul autre pareil. De cette étude iconographique, Azzedine Alaïa fait naître des créations devenues les plus emblématiques. Ses robes bandelettes, dont les toutes premières datent de 1985, véritables prouesses de coupe qu'il inventa de toutes pièces, excellent à représenter la virtuosité du couturier toujours subjugué par le patrimoine des reines et des pharaons. » explique encore Olivier Saillard. A voir absolument.