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Françoise Dumas, l’esprit couture

Interviews, Report

« Le luxe, c’est le lien. Travailler avec des gens qui vous font confiance et attendent de vous le meilleur ».

Une fois n’est pas coutume. Cette année, Françoise Dumas n’assistera pas aux défilés de haute couture. Une première depuis quarante ans. « Les collections d’Yves Saint Laurent étaient un rituel » se souvient celle dont le livre « Maîtresse de cérémonie » (Grasset, 2022) témoigne d’une passion pour ce métier dont elle a inventé les codes, les usages, avec pour clients des familles princières et des groupes de luxe, LVMH en tête, autant que des musées. Un art de vivre dont l’agence qu’elle dirige avec Anne Roustang, depuis 1980, a fait des relations publiques spécialisées dans l’organisation des réceptions un art. C’est auprès de Georges Cravenne, qu’elle dit avoir approché « le métier de ses rêves. Les dossiers dont j’avais la charge m’ont permis de perfectionner mes talents d’organisatrice. « Ne jamais se prendre pour une invitée » fait partie des règles d’or. Françoise Dumas  sait organiser avec la même rigueur un dîner de vingt personnes autant qu’un grand évènement culturel, une visite privée et diner exception au Grand Palais ou au Metropolitan Museum de New York. « Quand j’ai des hésitations, j’appelle le protocole … » Elle se souvient avec émotion de l’anniversaire des soixante-dix ans de Rostropovitch, de la célébration des 150 ans de Mouton Rothschild avec Placido Domingo. Elle a connu l’âge d’or de ces défilés, comme des rituels auxquels assistaient Marie Hélène de Rothschild, Catherine Deneuve, Hélène Rochas, Nan Kempner. « Le parterre donnait une élégance supplémentaire au défilé ». Si Françoise Dumas nous parle d’un temps où la mode, l’art et l’hospitalité célébraient leurs noces d’or, elle demeure, à 87 ans, toujours fidèle à des projets menés au nom de la passion. « Paris est la capitale de la mode » assure celle qui récemment organisé un dîner au Musée Picasso, et en organise un autre, pour la rentrée, à l’occasion de l’exposition Mary Cassatt, dans les salons d’honneur du musée d’Orsay. « Les manières sont tout » écrivait Balzac dont elle aime à rappeler l’adage.  « Il y a un travail de coulisses énorme. L’important, c’est autant l’organisation que l’imagination, les codes de la courtoisie, la discrétion… » Françoise Dumas a conservé toutes les lettres de remerciements qui lui ont été adressées.  « S’il est un sujet à éviter, c’est bien le travail qu’il faut laisser au seuil de la salle à manger ». Un vœu pour la rentrée ? « J’aimerais beaucoup rencontrer Mathieu Blazy et Jonathan Anderson. Ils ont chacun une lumière dans le regard ». 

 

L.B