MAISON DU SAVOIR FAIRE ET DE LA CREATION AU PALAIS DE TOKYO
Promouvoir la richesse et la diversité des savoir-faire, telle est la mission de la Maison du Savoir Faire et de la Création, qui prend ses quartiers au Palais de Tokyo pour mettre en valeur le savoir-faire auprès des acteurs internationaux, renforcer les liens entre fabricants et créateurs, le pari est de taille. « En 2011, la relocalisation apparaissait comme un sujet militant ou patrimonial. Aujourd’hui, elle devient stratégique…. Sylvie Maignan, responsable de la Maison du Savoir Faire et de la Création, explique les enjeux d’un projet résolument tourné vers l’avenir, et fort d’un héritage unique.
La Maison du Savoir-Faire et de la Création a été créée en 2011. Quinze ans après, quels sont ses nouveaux défis ?
Depuis sa création, la MSFC s’est imposée comme un outil de structuration et de visibilité pour la fabrication française. Aujourd’hui, il s’agit bien sûr de continuer à faire découvrir et valoriser la richesse et la diversité des savoir-faire français de la filière habillement auprès des acteurs mode nationaux et internationaux, ces derniers représentant 20% de nos visiteurs.
Cependant, dans un contexte international en tension, es enjeux évoluent, Nous tenons ainsi à favoriser le fabriqué en France puisqu’il représente un véritable enjeu économique. Nous accompagnons les marques dans la priorisation d’une production plus responsable et locale en facilitant des mises en relation toujours plus qualifiées, en soutenant la transmission et l’attractivité des métiers de la confection qui permettent de créer des emplois et de la valeur.
Sans un contexte économique tendu, quel est le bilan de la plateforme permettant de valoriser les fabricants et ateliers de production française ?
La France a la chance d’avoir préservé un tissu industriel de 450 façonniers d’habillement représentant 11 000 emplois avec une production générant un chiffre d’affaires d’environ 600 millions d’euros. Pour ce qui est de la plateforme répertoriant plus de 600 entreprises du territoire, elle représente aujourd’hui la plus grande base de données qualifiées du secteur favorisant la confection française et demeurant gratuite dans notre mission d’intérêt général. Concrètement, elle permet d’apporter de nouveaux marchés aux ateliers, de faciliter les premières prises de contact entre marques et fabricants, de rendre visibles des entreprises aux savoir-faire souvent méconnus et de valoriser la diversité du tissu industriel français. Dans un environnement mouvant, elle agit comme un outil d’accès à la fabrication locale, notamment pour les marques créatives et/ou celles qui relocalisent partiellement leur production. La plateforme rassemble aujourd’hui :
- Plus de 600 professionnels de la fabrication française (mode et habillement, toutes spécialités et régions confondues).
- Plus de 700 marques utilisatrices, françaises et internationales.
- Plus de 32 000 visites en 2025, témoignant d’une dynamique forte et continue.
- Plus de 200 mises en relation, avec un taux de satisfaction élevé : 83 % côté marques et 73 % côté fabricants.
Ces chiffres illustrent l’intérêt croissant des marques pour une production française qualitative, durable et porteuse de valeur à un moment où la traçabilité, les circuits courts et la responsabilité deviennent des enjeux centraux dans la mode.
En quoi le contexte est-il différent par rapport aux débuts ?
En 2011, la relocalisation apparaissait comme un sujet militant ou patrimonial. Aujourd’hui, elle devient stratégique pour les marques françaises et internationales en recherche de circuits courts afin de limiter leur impact carbone, de maîtrise des volumes pour éviter les surstocks, d’une traçabilité accrue et d’une affirmation de la RSE, renforçant la confiance de leur clientèle et d’un besoin d’agilité face aux marchés de plus en plus incertains.
Les marques viennent produire en France pour construire une relation durable avec des partenaires industriels, profiter de savoir-faire d’exception et d’une qualité indiscutable.
Quels sont les secteurs les plus concernés ?
Les acteurs produisant en France sont majoritairement les Maisons de luxe, les marques haut-de-gamme et premium qui font des savoir-faire français une signature de leur prestige. On note également un intérêt croissant des jeunes créateurs pouvant assumer le coût du fabriqué en France.
Quelle est la particularité de la filière habillement ?
C’est une filière où la valeur repose autant sur la création que sur la maîtrise du geste, la technicité et l’adaptation permanente. Les ateliers français se distinguent par leur incarnation dans le “faire”, le tangible et le temps long nécessaire à l’apprentissage des savoir-faire. Ils racontent des histoires humaines et patrimoniales avec un fort ancrage régional. Ils ont la capacité de travailler des petites et moyennes séries jusqu’aux plus grandes, avec une très forte exigence de qualité, une proximité directe avec les marques et une souplesse de production rare à l’échelle internationale. C’est également une filière qui est très avancée dans la RSE, du fait des réglementations françaises et européennes et dont les ateliers ont su en faire un avantage compétitif.
Vos missions principales ?
Affiliée à l’UFIMH et financée par le DEFI, la Maison du Savoir-Faire et de la Création est dédiée à la valorisation des savoir-faire industriels et artisanaux de la filière habillement en France. À travers son magazine digital, sa plateforme de référencement et ses conseils personnalisés, la MSFC met en lumière les fabricants et ateliers de confection français et facilite la mise en relation entre donneurs d’ordres et professionnels de la fabrication. En renforçant la filière, la MSFC participe pleinement à la renaissance de l’industrie de la mode et de l’habillement en France, au moment où les enjeux de relocalisation sont plus que jamais d’actualité.
Sur les 600 entreprises référencées, lesquelles sont liées à la mode ?
La très grande majorité relève directement de la mode et de l’habillement : façonniers chaîne-et-trame, maille, lingerie, tailleur, flou, cuir, sportswear, pièces techniques ou luxe.
S’y ajoutent des bureaux d’études, des ateliers d’ennoblissement textile (teinture, apprêts…) et de personnalisation (brodeurs, imprimeurs…), ainsi que les fabricants français de matières textiles et composants.
Quels sont les enjeux actuels ?
Il s’agit de rendre les métiers techniques du secteur attractifs et promouvoir les formations en ce sens afin de maintenir et transmettre les savoir-faire dans les ateliers, qui ont des besoins constants de recrutements. Un second enjeu concerne l’innovation afin d’améliorer la compétitivité des ateliers français avec notamment le déploiement du prototypage virtuel et l’arrivée de la robotique et de l’intelligence artificielle dans les équipements. Enfin, rendre la fabrication française plus visible, lisible et accessible pour permettre des collaborations durables.
Vos missions pour 2026 ?
Pour 2026, notre feuille de route est de poursuivre et d’amplifier la dynamique engagée en affirmant notre rôle de facilitateur de mise en relation entre marques et fabricants, comme un pont concret entre désir de produire en France et réalité industrielle du territoire.
Présente sur les salons professionnels du secteur, constamment en visite dans les ateliers français et à l’écoute des différents donneurs d’ordres, l’objectif de la MSFC n’est pas seulement de référencer les ateliers sur sa plateforme de mise en relation, mais d’orchestrer un véritable écosystème entre création et production »
https://maisondusavoirfaire.com
PALAIS DE TOKYO, Showroom SPHERE présenté par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, du 21 au 25 janvier 2026