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CACHÍ - LA BOCA AU CŒUR

Interviews

CACHÍ est une marque de vêtements unisexes créée en 2018 par le duo franco-argentin, Belén Frias et Élise Girault. Attentives à défendre des techniques artisanales telles que la plumasserie et la maille, elles défendent l’innovation. En 2022/2023, Elles intègrent le fashion entrepreneurship de l’IFM et remportent le prix de l’entrepreneuriat en collaboration avec la marque AMI. Elles poursuivent encore aujourd’hui leur accompagnement auprès l’incubateur des Ateliers de Paris jusqu’en 2027. « En mêlant le tailoring classique avec leurs influences culturelles, CACHÍ fait émerger une modernité singulière en créant quelque chose de nouveau à partir de quelque chose de familier. » assure le duo. « Les collections, fabriquées en France et dans les pays voisins, sont conçues comme une garde-robe cohérente, où chaque pièce, quelle que soit la saison, peut être portée avec les autres » LAZOSCHMIDL est invité au Calendrier de la Paris Fashion Week® Mode masculine depuis juin 2019. Et donne rendez-vous à la presse et aux acheteurs au show-room Sphère du Palais de Tokyo, entre le 21 et le 25 janvier, une opération soutenue par le DEFI, LOREAL PARIS et ACCOR. L.B

L’inspiration de la saison ?

La collection Fall Winter 26, CACHÍ élargit le spectre de son dialogue franco-argentin. La collection qui se nomme La Boca, devient alors un pont entre Paris et Buenos Aires, entre deux cultures et explore les liens profonds entre lieu, histoire, et identité. L’énergie de la ville, animée, colorée, expressive, entre en résonance avec les traditions. Cette fois, le regard se tourne vers l’intensité du tango, de la présence singulière des danseurs, ainsi que la manière dont le costume structure, soutient, sculpte et prend vie lorsqu’il bouge. La collection revisite des pièces du quotidien, chemise, veste, pantalon, avec le désir de retrouver une prestance subtile, presque intime. Les cols montants, les poignets marqués, les manches affirmés naissent d’un besoin personnel de structure, d’un attrait instinctif pour les silhouettes qui enveloppent sans peser. Chaque détail cherche à restituer un sentiment : celui de se tenir, de se présenter, d’exister pleinement.
La laine demeure un matériau central, travaillée de manière innovante pour créer des textures et des effets trompe-l’œil. La palette chromatique, inspirée cette saison par les façades vibrantes du quartier de La Boca à Buenos Aires, évolue du blanc pur au bleu cobalt, ponctuée de nuances de rose. La collection s’ouvre ici à la liberté du tango et aux codes discrets mais essentiels du vestiaire traditionnel du gaucho.

 


Ce qui a changé pour vous en 2025 ?
Tout. Le projet est devenu concret. Le lancement de notre première collection en janvier, avec l’intégration du showroom SPHÈRE, nous a permis de confronter notre travail au regard des acheteurs et des professionnels. Les échanges et les retours ont été essentiels pour affiner notre vision. L’intégration de l’incubateur des Ateliers de Paris nous a offert un cadre de travail et une continuité dans l’accompagnement, et surtout la possibilité de structurer le projet dans la durée : affirmer une vision où le tailoring s’enrichit du mouvement et de la culture, dessine un vestiaire ancré, contemporain et en constante évolution.


Votre mentor, les personnalités que vous admirez le plus dans la mode et ailleurs?
Nous n’avons pas un mentor unique, mais des figures qui nous accompagnent, nous observent et nous conseillent avec exigence. Les membres du jury du Prix de l’Entrepreneuriat AMI x IFM font partie de ces présences structurantes.
Elise:  j’admire des créateurs qui ont construit un langage personnel et très clair, souvent à la frontière de plusieurs disciplines. Des personnes qui pensent le vêtement comme une structure, un geste, une présence, plus que comme une image. Les démarches où le concept et l’émotion se croisent, avec beaucoup de retenue, me touchent particulièrement, je pense au travail de Hussein Chalayan.
Belén : Je suis très attirée par les univers où la matière et la culture sont centrales, et où les objets racontent une histoire au-delà de leur usage. Les démarches très ancrées dans un territoire et un savoir-faire me touchent particulièrement, et citerai le travail de Christian Mohaded.


 

Livre de chevet ? Film/ série culte ?
Elise:  Je regarde beaucoup de documentaires. Les DVD “Le Jour d’Avant “de Loic Prigent m’ont beaucoup marquée. Je les regardais avant même d’être en école de mode, et cette idée de voir le travail à l’intérieur des ateliers me faisait rêver.
Belén: Mes références sont assez instinctives. “What artists wear” de Charlie Porter m’accompagne beaucoup en ce moment, pour la manière très simple dont il relie vêtement, identité et création.

Votre spot absolu à Paris ?
Elise : ce n’est pas vraiment un endroit précis. J’aime surtout les moments simples. Manger des tacos chez Mesa, ou juste prendre le temps de m’arrêter, de profiter d’un moment de calme, n’importe où dans Paris avec Belén.
Belén : j’aime surtout marcher dans Paris, sans but précis. Le 9ᵉ arrondissement, la rue Condorcet jusqu’à Montmartre, c’est le premier quartier où j’ai vécu en arrivant à Paris, et j’y reste très attachée.

 Vos rêves ?
Nous rêvons de continuer à nous épanouir dans ce que nous faisons, ensemble.

 Vos objectifs ?
Élise et Belèn : Continuer à construire une esthétique claire et reconnaissable, sans jamais s’éloigner de ce qui fait sens pour nous. Continuer à avancer, guidées par notre intuition.

 

Propos recueillis par L.B