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SEVALI - ARTISANAT EN TETE

Interviews

SEVALI, fondée en 2019 par le créateur chilien
Sebastian A. de Ruffray, est une marque parisienne qui explore l’upcycling à travers un travail de déconstruction et de réinterprétation des codes vestimentaires. Ce sens de l’artisanat se réaffirme dans cette collection de l’hiver 2026 qui met à l’honneur la transformation dans sa fragilité et sa force.
A découvrir dans le cadre de Sphère Paris Fashion Week Showroom, jusqu’au 10 mars avec le soutien du DEFI et de L’Oréal Paris au Palais de Tokyo.

Quelle a été votre source d'inspiration pour cette collection ?

Cette collection marque un retour à l'artisanat, presque un retour aux sources. Je souhaitais renouer avec l'essence même de SEVALI. Et revisiter les codes qui nous définissent depuis nos débuts : le surcyclage, la déconstruction, l'artisanat. Il s'agissait de revenir à l'essentiel et de repartir de là. 

 

Comment décririez-vous la palette de couleurs ?

C'est un dialogue de contrastes. La tendresse des tons nude et rose poudré se heurte à la sévérité du noir et du gris. Les paillettes et une couleur framboise intense viennent perturber la sobriété. Je suis attirée par cette tension où coexistent fragilité et force. 

 

Quels matériaux avez-vous particulièrement apprécié travailler ?

Dans cette collection, les limites du surcyclage ont été repoussées. J'ai été fasciné par la transformation d'objets jetés en pièces à forte présence. Les sièges de voiture sont devenus des vestes en cuir oversize imposantes. Les fourrures vintage et synthétiques ont été reconstituées. Nous avons vraiment essayé de repousser les limites de l'upcycling en travaillant avec des matériaux et des « objets trouvés » que nous n'avions jamais utilisés auparavant. Les sièges de voiture ont été transformés en vestes oversize en cuir recyclé, et les fourrures vintage et synthétiques ont été transformées en manteaux hybrides à l'aspect à la fois primitif et futuriste. 

 

Quel est votre personnage fictif idéal ?

La femme SEVALI est plutôt une abstraction, à la fois muse, créature des podiums et menace élégante. Elle possède une beauté acérée, une théâtralité sombre et une présence indomptable. C'est un personnage qui ne se contente pas de marcher dans la rue, mais qui y « apparaît ». Je ne la considère pas comme quelque chose de confortable, mais plutôt comme quelque chose qui, dans une certaine mesure, me submerge et me réveille. 

 

Quel film ou livre continue de vous fasciner ?

Tout ce qui est signé David Cronenberg ou John Waters. Mes écrivains préférés sont Pedro Lemebel et Yasunari Kawabata.

 

Un souvenir d'enfance qui a déterminé votre parcours professionnel ?

La chambre de ma sœur aînée. Les murs étaient recouverts de découpes de magazines de mode. Un gigantesque moodboard incohérent qui me fascinait. 

 

Un quartier ou un endroit à Paris que vous aimez particulièrement ?

La périphérie. Les banlieues. Au-delà de l'image de carte postale de Paris. Il y a là une authenticité brute, intacte, loin des clichés. La beauté se révèle quand on cesse de rechercher la perfection. 

 

Comment définiriez-vous votre esthétique aujourd'hui ?

Brute, nostalgique, déconstruite. Je m'intéresse à la tension entre mémoire et réinvention, fragilité et agressivité. 

 

Votre mantra ? Votre porte-bonheur ?

« Ce ne sont que des vêtements ». Un rappel de ne jamais prendre la mode trop au sérieux au point qu'elle perde son essence. 

 

Votre vision pour 2026 et vos projets ?

Continuer à développer SEVALI avec intégrité, sans compromis créatif et en toute honnêteté émotionnelle, tout en explorant de nouveaux marchés et de nouveaux publics. 

 

Une destination qui reflète votre personnalité ?

Le Chili. Mon pays natal. Sa nature sublime, ses contrastes spectaculaires, ses habitants magnifiques et résilients.